DPE : le coefficient de conversion de l’électricité sera abaissé à 1,7 au 1er janvier 2027

DPE : le coefficient de conversion de l’électricité sera abaissé à 1,7 au 1er janvier 2027

Un changement important se profile pour le diagnostic de performance énergétique (DPE). Un arrêté publié le 26 août 2026 acte la baisse du coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire, qui passera de 1,9 à 1,7 à compter du 1er janvier 2027. Cette évolution, qui modifie la manière dont la performance énergétique des logements est calculée, aura des effets visibles sur le classement de nombreux biens.

Un indicateur technique qui pèse sur le classement des logements

Le coefficient de conversion sert à transformer l’électricité consommée dans un logement en énergie primaire, celle qui est prise en compte pour établir le DPE. En le faisant passer de 1,9 à 1,7, les pouvoirs publics ajustent donc la méthode de calcul, ce qui peut améliorer la note de certains logements chauffés à l’électricité sans qu’aucun travaux n’ait été réalisé.

Selon les organisations professionnelles qui réagissent à cette décision, cette évolution aurait des conséquences immédiates sur la lecture du parc immobilier. Elles estiment qu’elle permettrait à plusieurs centaines de milliers de logements actuellement classés F ou G de sortir du statut de « passoire thermique » uniquement grâce à ce changement de règle.

Une réforme déjà amorcée en 2025

Ce n’est pas la première fois que ce coefficient est revu à la baisse. Un premier ajustement avait déjà été mis en place à l’été 2025. La nouvelle décision, un an plus tard, vient donc accentuer l’effet de reclassification observé sur une partie du parc résidentiel.

Les critiques pointent un risque de décalage entre l’affichage réglementaire et la réalité du logement. En clair, un bien peut voir son étiquette DPE s’améliorer sans modification de son isolation, de son chauffage ou de son confort thermique.

Des inquiétudes sur la crédibilité du DPE

Pour plusieurs acteurs du secteur, la mesure brouille le message envoyé aux propriétaires comme aux locataires. Ils redoutent qu’un DPE perçu comme plus favorable ne reflète plus suffisamment l’état réel du logement et des consommations d’énergie.

Le texte a d’ailleurs été adopté, selon ces mêmes organisations, contre l’avis du Conseil supérieur de l’énergie et de plusieurs représentants de l’écosystème de la rénovation. Une controverse qui alimente le débat sur la fiabilité du diagnostic comme outil de référence pour orienter les choix de rénovation.

Isolation et électrification : deux leviers différents

Les professionnels du bâtiment rappellent aussi qu’une meilleure prise en compte de l’électricité dans le calcul ne remplace pas les travaux de rénovation de fond. L’électrification des usages peut jouer sur le bilan énergétique, mais elle ne traite pas à elle seule les pertes de chaleur, les parois mal isolées ou les défauts d’enveloppe du bâti.

Dans cette perspective, ils estiment que la baisse du coefficient pourrait détourner l’attention des interventions les plus structurantes, notamment l’isolation, au moment où la rénovation énergétique reste un enjeu majeur pour le parc français.

Des effets attendus sur le marché de la rénovation

Au-delà du classement des logements, cette évolution pourrait aussi avoir des répercussions sur les professionnels de la rénovation énergétique. Les organisations opposées à la mesure craignent un affaiblissement de l’activité pour les artisans et entreprises spécialisés dans l’isolation, si une partie des logements sort du radar des passoires thermiques sans chantier associé.

Reste à voir comment cette nouvelle règle sera intégrée par les propriétaires, les diagnostiqueurs et les acteurs de l’immobilier à partir de 2027. Une chose est certaine : le DPE, déjà au cœur de nombreux débats depuis sa réforme, continue de peser lourd dans la politique du logement en France.